L'horreur de la colonisation : les mains coupées du Congo | Retronews - Le site de presse de la BnF
Écho de presse

L'horreur de la colonisation : les mains coupées du Congo

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le par - modifié le 01/12/2018
Yakomas au Congo belge, agence Meurisse, 1911 - source : Gallica-BnF

Au tournant du XXe siècle, la presse internationale révèle les atrocités commises au Congo belge par les agents de Léopold II, souverain du pays depuis 1885. L'opinion est scandalisée.

Le 30 avril 1885, Léopold II, roi des Belges, réalise enfin son rêve. Il vient de prendre le contrôle de l’État indépendant du Congo (EIC), devenant ainsi le maître absolu d'un pays de 2,5 millions de km². Pays dont les frontières ont été créées de toutes pièces l'année précédente au cours de la conférence de Berlin, consacrée au partage de l'Afrique centrale entre les puissances occidentales participantes.

 

Léopold, qui s'est vu attribuer le Congo en son nom propre (et non en celui de la Belgique), se prévaut d'une mission civilisatrice et humanitaire. Il modernise la région, développant des infrastructures, favorisant le commerce et l'agriculture, fondant des villes. En parallèle, il fait main basse sur les richesses locales, notamment le caoutchouc, s'arrogeant dès 1891 le monopole de son exploitation.

 

Comme l'opinion occidentale va bientôt le découvrir, le prix à payer pour les populations autochtones est énorme.

 

À partir de 1895-1896, une série de révélations sur les atrocités commises par les agents royaux et leurs miliciens va susciter une grande vague d'émotion. Le 1er septembre 1896, La Croix publie ainsi le témoignage d'un Européen anonyme tout juste revenu du Congo belge :

 

« Et notre interlocuteur nous communique des lettres particulières qu'il vient de recevoir, donnant d'affreux détails sur les atrocités commises par les Belges dans l’État indépendant et particulièrement dans le district de l’Équateur.

 

Une photographie accompagne une de ces lettres : elle est telle que nous aurions peine à ajouter foi à de pareils faits, si nous ne l'avions sous les yeux en écrivant. Elle représente deux enfants nègres, un petit garçon et une petite fille. Le petit garçon a eu le poignet coupé, parce que son village n'avait pas fourni assez de caoutchouc !

 

Détail inouï ! Sur le bras gauche de l'enfant se voit une entaille cicatrisée : on avait d'abord commencé à lui couper le poignet gauche quand, s'étant aperçu qu'on se trompait de côté, on interrompit l'op...

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