1918 en Allemagne : Défaite, Révolutions et République | Retronews - Le site de presse de la BnF
Chronique

1918 en Allemagne : Défaite, Révolutions et République

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le par - modifié le 09/07/2018
Berlin, la révolution allemande en 1918 - Source Gallica BnF

Huit jours avant l'armistice du 11 novembre 1918, l'insurrection des marins et des ouvriers de Kiel marquaient le début de la révolution de 1918-1919 en Allemagne, conduite contre la guerre et ses séquelles. Retour sur le rôle joué par le révolutionnaire Max Hölz, et la mémoire de « 1918 » en Allemagne.

En partenariat avec France Inter, le journal La Croix et la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, découvrez comment la fin de la guerre a engendré un monde en révolution. Pour le premier épisode, nous partons en Allemagne, en plein après-guerre, pour tenter de visualiser quels furent les impacts directs de la fin du premier conflit mondial dans le pays.



 

Articles de presse et textes d'époque à l'appui, l'historien Nicolas Offenstadt et Ali Baddou vous proposent de redécouvrir, au plus près des événements, comment les Allemands ont vécu "1918" ; comment naît cet esprit révolutionnaire orienté contre la guerre qui caractérise les premières années allemandes de l'après-guerre, et aboutira à la proclamation de la République de Weimar.

 


 

Entretien avec Nicolas Offenstadt en 4 temps :

 

 

L'Allemagne au sortir de la guerre

Le pays déplore 2 millions de morts et connait une situation économique désastreuse qui pèse énormément sur la société allemande, en particulier le monde ouvrier qui ne tarde pas à exprimer ses désillusions et sa colère. 

 

Insurrection de Kiel le 3 novembre 1918

Exténués par la guerre, craignant que l'Allemagne refuse de capituler et ne signe la paix rapidement, marins et ouvriers du port de la ville de Kiel s'insurgent contre la guerre. Le mouvement s'embrase et finit par gagner Berlin où d'autres conseils d'ouvriers se forment avec pour mot d'ordre : la fin de la guerre et la proclamation de la République.

Le 9 novembre 1918, dans son article sur « la révolte des marins » de Kiel, Le journal rapporte la fuite mouvementée du frère du Kaiser, Henri de Prusse :

« Le prince quitta la ville dans une automobile sur laquelle flottait un drapeau rouge. Lui-même portait un brassard rouge.

Le prince se trouvait à un kilomètre à peine de Kiel, filant à toute vitesse, lorsqu'il croisa un groupe de cinq marins qui l'obligèrent à s'arrêter. Deux de ces marins lui demandèrent à monter sur le marchepied de l'automobile jusqu'à la ville voisine. Le prince consentit et poursuivit sa route dans ces conditions, mais après avoir parcouru quelques centaines de mètres, il décocha deux vigoureux coups de poing dans la figure des marins qui, surpris, perdirent l'équilibre et roulèrent sur la route.

Les trois autres marins, témoins de cette scène, tirèrent immédiatement des coups de feu contre l'automobile princière, qui poursuivit sa route à toute vitesse. On ne sait pas si le prince a été blessé. »

Max Hölz, zoom sur un révolutionnaire allemand

Arrêtons-nous sur un personnage peu connu qui a pris part à cette révolution et qui a pourtant joué un grand rôle à ce moment là, en menant des actions locales, comme dans le cadre du soulèvement de la Ruhr, alors occupée par la France et la Belgique.

En mai 1920, Le Miroir publie les photographies des « crimes du communiste Holz. en Saxe ». Villas incendiées, affiches placardées dans la rue, réquisition de bâtiments... Le journal dénonce :

 

« La ville de Plauen, dans le Vogland, en Saxe, vient de subir la dictature d'un chef communiste, Max Holz. Commandant l'armée rouge de la région, Holz installa son quartier général au château de Falkenstein, mais il se rendait avec ses hommes à Plauen.

Les industriels devaient se trouver au café Tromel et y apporter des sommes élevées, pour éviter l'incendie de leurs villas. Quelques-uns payèrent, mais avant l'entrée de la Reichswehr et la fuite de Holz, ce dernier fit brûler les habitations les plus riches. »

Quelle mémoire de « 1918 en Allemagne » ? 

Alors que le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale approche, la question de la signification du "11 Novembre" pour l'Allemagne se pose. Quels souvenirs, quelles représentations en garde-t-elle ?

 

Découvrez ce premier entretien avec l'historien Nicolas Offenstadt, maître de conférences à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la Grande Guerre, invité d'Ali Baddou.

 


 En partenariat avec France Inter, le journal La Croix et la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale

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Pour aller plus loin :

La grande guerre, carnet du centenaire écrit par André Loez - Nicolas Offenstadt (Albin Michel)