Deuil et mémoire de la Grande Guerre dans l’école des années 1920 | Retronews - Le site de presse de la BnF
Carte postale montrant les élèves de l'école des Basses-Huttes, attendant « avec joie sa reconstruction », 1917 - source : Gallica-BnF
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Deuil et mémoire de la Grande Guerre dans l’école des années 1920

le par - modifié le 13/12/2018

Au sortir de la Première Guerre mondiale, tandis que de nombreux instituteurs ont disparu au front, l’école de la Troisième République se propose de transmettre aux enfants un souvenir de l’événement traversé.

« Plus tard, vous comprendrez aussi combien est immense la dette que vous avez contractée envers vos sublimes aînés : que votre pensée aille souvent vers eux. »

L’Écho d’Alger, 14 juillet 1923.

Au sortir de la guerre, la vie des écoliers est rythmée par les cérémonies du souvenir pour pleurer, honorer et commémorer les morts de la Grande Guerre.

L’école de la République devient le lieu d’une prise en charge du deuil de la Grande Guerre, aussi bien en s’associant au deuil national qu’en portant le deuil propre à l’école.

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Le deuil se définit tout d’abord comme la douleur, l’affliction éprouvée à la suite de la perte d’un parent, d’un ami. Il peut en même temps se comprendre comme un processus, celui qui passe du « choc de la découverte à l’acceptation de la perte, tout au long d’un pénible effort de compréhension des événements qu’il [leur] fallut faire » ainsi définit par l’historien Jay Winter. Le deuil s’actualise alors par des pratiques et rites autour de la mort.

Plusieurs spécificités caractérisent le deuil des morts de la Grande Guerre : l’ampleur inédite des pertes d’abord, l’éloignement de la famille au moment de la mort ensuite, et la perte du corps dans de nombreux cas.

L’école devient alors un lieu de croisement des deuils, unissant le deuil personnel, le deuil propre au monde scolaire et le deuil national.

Soutenir le deuil national

Les enfants sont, en tant qu’écoliers, largement sollicités pour assister aux cérémonies nationales, à l’échelle de leur commune, par exemple.

C’est le cas à Saint-Arnaud, en Algérie française, lors de l’inauguration du monument aux morts de la commune, en 1923 – cérémonie relatée dans L’Écho d’Alger, daté du 14 juillet 1923.

« Et maintenant, mes chers enfants, je voudrais m’adresser à vous plus particulièrement et vous faire comprendre toute la grandeur de cette touchante cérémonie. »

Ces mots sont prononcés par Monsieur Thiebaut, directeur de l’Ecole indigène de Saint-Arnaud, venu avec ses élèves. Les élèves se trouvent alors chargés d’un devoir moral particulièrement fort et sont désignés directement par l’orateur.

« Et, tous ces héros, dont les noms sont gravés dans le marbre, ont fait le sacrifice de leurs vies pour que demeurent intacts vos foyers, vos libertés, vos droits. »

Tout en rendant homma...

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