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1870 : L'épouvantable lynchage de Hautefaye

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L'église de Hautefaye, Dordogne - source : Traumrune-WikiCommons

Le 16 août 1870, lors de la foire annuelle de Hautefaye, en Dordogne, un notable accusé d'être un « traître à l'Empire » est supplicié – puis brûlé vif par des villageois.

16 août 1870. Dans la torpeur d'un été caniculaire, les habitants de Hautefaye, en Dordogne, sont réunis à la foire aux bestiaux annuelle du village. L'événement a, cette année-là, un goût amer : la sécheresse a nui au bétail et aux récoltes et les affaires s'annoncent particulièrement mauvaises. Surtout, la guerre franco-prussienne qui a débuté à peine un mois plus tôt est dans tous les esprits.

C'est dans ce climat de tension que, soudain, une rumeur se répand parmi les villageois : un partisan de la Prusse serait là, tout près, fondu dans la foule ; l'homme aurait même osé crier « Vive la République ! ». 

La rumeur se transforme bientôt en malentendu et un notable de la région, Alain de Monéys, est pris à parti par une foule de plus en plus hystérique (les faits sont rapportés par l'acte d'accusation établi quelques mois plus tard) :

« M. Alain de Moneys, adjoint au maire de Beaussac [une commune voisine], venait d’arriver sur le champ de foire, où il causait d'élections avec le sieur Anlonu, lorsqu’il entendit un grand tumulte. Il s’approcha aussitôt de l’endroit d’où partait le bruit et en demanda la cause au sieur Bréthenoux. Celui-ci répondit que M. de Maillard avait crié :
“À bas Napoléon ! Vive la République
 !”
“Ce n’est pas possible
 !” dit M. de Moneys, en prenant le parti de son cousin qu’il n’avait, du reste, pas vu depuis un mois, “vous ne le prouverez pas”.
— Suivez-moi, dit Bréthenoux, je v...

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Cet article fait partie de l’époque : Second Empire (1852-1870)