Le « pont des suicidés » des Buttes-Chaumont | Retronews - Le site de presse de la BnF
Écho de presse

Le « pont des suicidés » des Buttes-Chaumont

le par
le par - modifié le 26/08/2018
Le Petit Journal, supplément du dimanche, 13 novembre 1898 - source : RetroNews-BnF

Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, un pont du célèbre parc parisien a été le théâtre de dizaines de suicides. Une vague tragique abondamment relayée par la presse, certains journaux parlant même de « mode ».

Créé en 1867 par Napoléon III, le parc des Buttes-Chaumont, dans le 19e arrondissement de Paris, fut aussitôt apprécié comme un merveilleux lieu de promenade, un journaliste parlant même de « la plus belle chose que Paris puisse montrer » [voir notre article].

 

Mais à partir de la fin du XIXe siècle, il devint tristement célèbre pour une autre raison. La Presse du 10 juillet 1896 explique :

« Le légendaire pont des Soupirs a fait son temps. Nous avons maintenant le pont des suicides.

 

Il est joli comme tout, situé dans un parc adorable et domine une pièce d'eau minuscule où les cygnes baladent leur majesté. C'est le pont de briques, aux Buttes-Chaumont.

 

Quel bel horizon pour mourir !... Il paraît que vingt-neuf personnes, depuis un mois, venues là pour en finir avec l'existence, ont pu mettre leur fatal projet à exécution [...]. Il faut, en vérité, être fâché tout rouge avec la vie pour mettre fin à ses jours au milieu d'un tel Éden. »

Le « pont des suicidés » (ou « pont des suicides »), c'est le surnom donné depuis peu à cette passerelle haute de 22 mètres qui franchit le lac des Buttes-Chaumont et relie sa rive sud à l'île du Belvédère.

 

Le nombre de suicides comptabilisés sur ce pont est tel que cet été là, les habitants du quartier signent « une pétition pour demander la surélévation du parapet qui n’a que 98 centimètres de hauteur », comme nous l'apprend La France du 10 juillet. Et de raconter les circonstances du dernier drame qui s'y est joué :

« Cet endroit a été, hier encore, le théâtre d’un suicide accompli en des circonstances singulières. Le garçon chargé de transporter à la Morgue les corps trouvés dans l'arrondissement passait place de la mair...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Cet article fait partie de l’époque : Rép. radicale (1898-1914)