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Journal des débats politiques et littéraires, 10 décembre 1848

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Journal des débats politiques et littéraires
10 décembre 1848


Extrait du journal

- nom de discussion à la série de scrutins qui en a ' absorbé la plus grande partie. C'était, une lutte de bulletins , lutte d'une minorité persévérante et obstinée contre une majorité non moins résolue. Il s'agissait de déterminer le nombre et la nature des lois qui seraient appelées organiques, et que la Chambre constituante aurait à discuter et à voter après l'installation du président de la République. Nous ne nous plaignons point de cette apparente perte de temps. Il n'est pas inutile de consacrer , le droit des minorités ; cela peut servir à tout le , monde. Dans un pays voisin, qu'on peut appeler un pays aristocratique, mais auquel on no saurait refuser la qualité de pays libre, ce droit du plus faible a une latitude plus grande encore que dans le nôtre. Il dépend d'un seul membre du Parlement d'arrêter indéfiniment la marche d'une discussion par des motions successives et réitérées d'ajourne ment. Le tout est de ne pas détruire l'usage du droit par l'abus. Il y avait d'ailleurs, dans l'opiniâtreté avec laquelle la minorité a réclamé aujourd'hui une douzaine de scrutins de division sur un point que l'on pouvait considérer comme résolu dès la première épreuve, il y avait une grave question sous-entendue, celle de la durée et de li prolon gation éventuelle de l'Assemblée Constituante. C'est une question que nous ne croyons pas devoir abor der aujourd'hui. Nous regardons, quant à présent, comme prématurée toute tentative de la résoudre. C'est une question évidemment relative, sur la quelle les circonstances doivent nécessairement in fluer, et qui dépendra, on ne peut se le dissimuler, de l'issue du grand scrutin qui s'ouvre demain dans toute la France. Il nous paraît donc superflu de discuter la veille l'inconnu du lendemain. Ce qu'il y a de certain , c'est que l'Assemblée Constituante s'est créé dès aujourd'hui une labo rieuse et, dans le cours naturel des choses , une longue besogne. Les lois organiques qu'elle se pro pose de discuter sont déjà au nombre de neuf, dont voici la nomenclature : 1° Loi sur la responsabilité des dépositaires de l'autorité publique; 2° Loi sur le conseil d'Etat ; 3° Loi électorale ; 4° Loi d'organisation déparlemenialc et com munale ; 5° Loi d'organisation judiciaire; 6° Loi sur l'enseignement ; 7° Loi sur l'organisation de la force publique (garde nationale, armée); 8° Loi sur la presse ; 9? Loi sur l'état de siège. C'est après cette longue et monotone succession de scrutins que la Chambre a entendu les interpel lations de M. Joly sur ce que l'honorable orateur a appelé/dans un langage solennel, la situation delà capitale.,Quis tulerit Gratchos de stditione querentes ? Nous ne voulons pas dire que M. Joly soit précisé ment un Caïus ou un Tibérius sous le rapport de l'éloquence ; lui-même se refuserait à nous croire. Mais nous avons admiré l'assurance avec laquelle les membres de la Montagne se posent comme les meilleurs et les plus sincères amis de la paix pu blique. M. Joly en donnait en effet la preuve la plus éclatante, en venant jeter au milieu de l'agitation déjà si vive du pays des bruits de conspiration et d'insurrection, et en inaugurant par ces rumeurs ras surantes la grande et redoutable expérience à la quelle est appelée la nation tout entière. Par malheur, M. Joly ne peut se défendre d'avoir deux poids et deux mesures. II trouve très mauvais, il le dit du moins, que quelques centaines de badauds se ras semblent tous les jours sur la place Vendôme, et soient fiers d'être Français en regardant la colonne ; mais il trouve très simple et très légitime que tous les soirs, dans des clubs, la société tout entière, là sécurité, l'honneur, la vie même des citoyens soient livrés comme une proie aux attentats les plus mons trueux de la parole , en attendant que les mots de viennent des actes. 11 est vrai que l'atmosphère des clubs et des banquets est purifiée par la présence des membres de la Montagne ; c'est une garantie d'ordre et de paix qui doit nous suffire. M. Joly et après lui M. Ledru-Robin sont venus affirmer qu'ils...

À propos

Fondé en 1789 sous le titre Journal des débats et décrets, le Journal des débats politiques et littéraires retranscrit, dans un premier temps, la quasi intégralité des séances dispensées à l’Assemblée Nationale. Sous Napoléon, il change de nom pour devenir le Journal de l’Empire. Publié jusqu’à l’Occupation, le journal sera supprimé en 1944.

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