Le jugement de Carrier, bourreau des Vendéens | Retronews - Le site de presse de la BnF
Long Format

Le jugement de Carrier, bourreau des Vendéens

le par - modifié le 16/08/2018

En 1794 le représentant Carrier, envoyé un an plus tôt à Nantes pour réprimer l’insurrection vendéenne, comparaît devant le Tribunal révolutionnaire pour ses actions brutales : « À bas la tête de Carrier et toutes celles qui lui ressemblent. »

Le procès du représentant Carrier, qui s’inscrit dans la suite du procès des Nantais et de celui du Comité révolutionnaire de Nantes, est l’apogée d’un long moment d’affrontement politique sur les responsabilités de la Terreur, notamment dans la guerre de Vendée. Cette phase parcourt toute l’année 1794, bien au-delà de Thermidor et de la chute de Robespierre.

Âgé de 36 ans au moment du procès, Carrier, inconnu jusque-là, devient en quelques semaines, le symbole même de la Terreur. Envoyé à Nantes en septembre 1793 afin de juguler la révolte contre-révolutionnaire vendéenne, il est accusé d’y avoir commis des atrocités, ordonnant notamment les assassinats de plusieurs milliers de Vendéens incarcérés.

C’est d’abord le procès des 132 Nantais, incarcérés à Paris, depuis des mois, sous des accusations assez vagues, qui dès les premières heures de leur procès, dénoncent les pratiques terroristes qui ont eu lieu à Nantes durant l’hiver 1793-1794. Leur acquittement, le 15 septembre 1794, est fortement salué par la foule parisienne au cri de « Vive la République ! ». Le président du Tribunal lui-même se réjouit que « la hache nationale [ne] les eût pas atteints ».

Accusés à leur tour, les membres de l’ancien Comité révolutionnaire de Nantes paraissent au Tribunal. La publicité donnée à ce procès met en exergue les exactions commises dans la ville, comme en témoigne l’acte d’accusation reproduit dans Le Mercure universel du 18 octobre 1794 et l’attention portée en particulier sur les « noyades » – meurtres de prisonniers vendéens jetés dans la Loire, orchestrés par Carrier – qui vont rapidement devenir un des symboles les plus monstrueux de la Terreur :

« Jamais la lime du temps n’effacera l’empreinte des forfaits commis par ces hommes atroces ; la Loire roulera toujours des eaux ensanglantées, et le marin étranger n’abordera qu’en tremblant, sur les côtes couvertes des ossements des victimes égorgées par la barbarie, et que les flots indignés auront vomis sur ses bords. »

Au Tribunal révolutionnaire, les accusés du Comité de Nantes, dénoncent rapidement Carrier comme celui qui a donné les ordres.

L’ancien président du Tribunal criminel de Nantes, Phelippes Tronjolly, acquitté du procès des Nantais, est le plus redoutable témoin à charge contre Carrier.

Dans le même temps, Carrier est entendu à la Convention, où ses collèg...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée