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Écho de presse

L'attaque de Léon Blum par les Camelots du roi

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le par - modifié le 08/03/2019
Photographie de Léon Blum dans Le Populaire, 14 février 1936 - source : RetroNews-BnF

Lors des obsèques de Jacques Bainville le 13 février 1936, Léon Blum croise fortuitement un cortège de jeunes militants de l'Action française – ces derniers se ruent sur le véhicule et lynchent le futur président du Conseil.

Une fois terminée la séance à la Chambre des députés du 13 février 1936, Léon Blum, le député SFIO Georges Monnet et sa femme s’attablent un instant dans un café parisien avant de prendre place dans le véhicule de Georges Monnet.

Ils parcourent quelques mètres avant de voir leur chemin entravé au niveau du croisement de la rue de l’Université et du boulevard Saint-Germain. Sur ce dernier axe, un groupe de  jeunes étudiants et camelots du roi sont venus assister aux obsèques et à la levée du corps de l’historien royaliste Jacques Bainville, proche collaborateur de Charles Maurras. Dès cet instant les récits divergent. Pour certains –  majoritairement les partisans de la ligue Action Française – l’un des membres présents dans la rue conseille à Georges Monnet de ne pas s’aventurer dans la rue compte tenu de l’imposante foule, ce à quoi Blum aurait répondu peu ou prou «  Je veux passer, je suis député ». Une affirmation formellement démentie par Blum lui-même.

La voiture embarquée dans la foule, rapidement les camelots reconnaissent Blum, le socialiste, « Blum le Juif » et se massent sur la route afin de bloquer leur avancée. Les insultes, les incitations haineuses sont hurlées à chaque mètre, l’on entend des  « Au poteau, au poteau Blum ! », « Tue-le ! À mort le Juif » «  On va le pendre » et  autre  « Blum assassin ! ».

Alors que ce dernier se trouve encore en sécurité dans l’auto, les coups se font de plus en plus nombreux sur le pare-brise de la voiture. Des coups de coude, de canne, la foule devient irascible alors qu’ils se trouvent près du ministère de la Guerre. Puis, l’un des participants se saisit d’une rampe d’éclairage et l’enfonce spontanément dans la fenêtre près de Blum. La vitre vole en éclat et Blum est blessé.

L’imposante tige métallique est venue perforer sa veine temporale.

Il est alors extirpé de la voiture et se retrouve dès lors aux mains d’une foule exaltée qui ne cesse de le ruer de coups de pieds. Les inspecteurs de police Georges Delisse et Jacques Plaza, présents sur les lieux, tentent tant bien que mal de lui prêter secours. Une vaine tentative. Mais des « gars du bâtiment », à l’œuvre sur la façade d’un immeuble à proximité, observent la scène et se hâtent pour lui venir en aide. Finalement, le groupe d’ouvriers parvient à ...

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