L’élection de Rutherford Hayes, moment-clé de l’Histoire américaine | Retronews - Le site de presse de la BnF
Affiche représentant le cabinet de conseillers du président Rutherford Hayes, 1877 - source : WikiCommons
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L’élection de Rutherford Hayes, moment-clé de l’Histoire américaine

le par - modifié le 22/03/2019

En 1876, tandis que la Guerre Civile est dans toutes les mémoires, pour la première fois le parti républicain (alors « yankee » et « liberal ») semble sur le point de perdre. L’issue du scrutin aura des conséquences désastreuses pour le futur des États-Unis.

En 1876 se déroule aux États-Unis l’une des élections présidentielles les plus importantes de l’histoire du pays. Les Républicains, au pouvoir depuis la fin de la Guerre Civile, souffrent alors d’impopularité après que divers scandales financiers soient venus éclabousser la présidence du président sortant, Ulysses Grant, ancien général d’Abraham Lincoln et héros de l’armée de l’Union.

Le XIXe Siècle note dans son édition du 7 novembre 1876 que « la popularité dont jouissait le général Grant a sombré dans les nombreux scandales financiers dans lesquels se sont trouvés impliqués les hommes dont ils aimaient à s’entourer ». La victoire du candidat démocrate Samuel J. Tilden parait alors inévitable comme semble le penser la plupart des chroniqueurs français. C’était sans compter la complexité du système électoral américain et les arrangements de dernière minute…

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L’élection de Rutherford Hayes est un évènement majeur de l’histoire américaine parce qu’elle marque la fin de la période dite de « Reconstruction » qui suivit la Guerre de Sécession (1860-1865), laquelle mit fin à la pratique de l’esclavage sur le territoire américain. Après la Guerre de Sécession, les états du Sud anciennement confédérés sont occupés par les troupes de l’Union, qui doivent assurer l’ordre et éviter de nouveaux soulèvements dans les états rebelles. Le Reconstruction Act passé en 1867 avait prévu la division du Sud en cinq districts militaires supervisés par des généraux de l’Union. Pour réintégrer l’Union, tous les états furent contraints, entre autres, de ratifier le 14e amendement conférant des droits civiques aux Noirs nouvellement émancipés.

Si les acteurs majeurs de la rébellion sudiste sont, dans un premier temps, emprisonnés, déchus de leurs biens et de leur droit de vote, Abraham Lincoln avait très tôt souhaité faciliter « le pardon » envers les frondeurs afin d’éviter de nourrir de nouvelles haines. Cette position lui valut les foudres de la frange la plus radicale du Parti républicain, qui l’accusa de laxisme et de largesse envers les traîtres de l’ancienne Confédération.

Rapidement les rebelles d’hier retrouvent les rangs du Parti démocrate avec pour seul objectif de reprendre le contrôle du Sud. Après la mort de Lincoln, le Parti républicain continue de contrôler le Congrès, et les Radicaux entament la reconstruction du Sud, qui est aussi bien matérielle que sociale et économique. Il s’agit de reconstruire en profondeur la société sudiste, en émancipant notamment les Noirs nouvellement libres tout en maîtrisant les vieilles rancœurs sudistes à l’égard des Noirs mais surtout des « Yankees » du Nord. Le très controversé Bureau des hommes libérésFreedmen’s Bureau – est notamment créé pour venir en aide aux anciens esclaves qu’il faut insérer dans une société profondément discrim...

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