1830-1849 : La France découvre les mormons | Retronews - Le site de presse de la BnF
Écho de presse

1830-1849 : La France découvre les mormons

le par
le par - modifié le 16/12/2018
Hommes d'une famille de mormons amérindiens en 1893, par Roland Bonaparte - source : Gallica-BnF

Au mitan du XIXe siècle, partagée entre crainte, fascination et moquerie, la presse française découvre cette « nouvelle secte religieuse » venue d’outre-Atlantique.

Il y a un an, l’Église mormone inaugurait à Versailles son premier temple en France métropolitaine, sur fond de polémiques. Quatrième religion aux États-Unis, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers jours – sa dénomination officielle – est implantée dans le monde entier et revendique 16 millions de membres. Qui sont les mormons ? C’est la question qui semble captiver la presse française depuis le premier article paru à la fin des années 1830.

Ainsi, le Journal des débats politiques et littéraires évoque cette « nouvelle secte religieuse » composée de « fanatiques inoffensifs ». Inoffensifs ? Les avis sur la question divergent. Objet de crainte, de fascination ou de moqueries, l’Église mormone l’est toujours près de deux siècles plus tard.

L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a été fondée en 1830 dans l’État de New York par Joseph Smith, son prophète autoproclamé. Elle est considérée par ses membres comme une religion révélée. Joseph Smith affirme en effet tenir d’un ange nommé Moroni l’emplacement de plaques d’or gravées en « égyptien réformé ». Ces plaques, qu’il est chargé de traduire à l’aide de deux pierres magiques, constituent en quelque sorte un « troisième testament » : le Livre de Mormon. Le texte relate l’exode de tribus d’Israël en Amérique et légitime ainsi le projet de Smith : fonder la Jérusalem du Nouveau monde.

Le journaliste de La Quotidienne, comme nombre de ses collègues, ne perd pas une si belle occasion d’ironiser.

« Le métier de prophète nous paraissait tellement discrédité, que nous l’aurions mis au-dessous des étranges professions que de temps à autre révèle la Gazette des Tribunaux, telles que préposé aux hannetons, aux trognons de pommes, promeneur de chiens convalescents, etc. ;

Le...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Cet article fait partie de l’époque : Monarchie de Juillet (1830-1848)