1791 : le jour où les Juifs devinrent « citoyens français » | Retronews - Le site de presse de la BnF
Écho de presse

1791 : le jour où les Juifs devinrent « citoyens français »

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le par - modifié le 01/02/2019
« Les Juifs dans leur Synagogue, célébrant une de leurs Solemnités appelée le Purim », estampe, 1750 - source : Gallica-BnF
« Les Juifs dans leur Synagogue, célébrant une de leurs Solemnités appelée le Purim », estampe, 1750 - source : Gallica-BnF

Au début de la Révolution, une « question » divise l'Assemblée nationale : les Juifs vivant en France peuvent-ils prétendre à la citoyenneté ? Débattue pendant deux ans, elle sera tranchée le 27 septembre 1791, date de l'émancipation des Juifs.

Peut-on être à la fois juif et citoyen français ? En 1789, la réponse ne va pas encore de soi. Les Juifs sont alors environ 40 000 à vivre en France, répartis diversement sur le territoire.

 

Une communauté sépharade, qu'on appelle les Juifs « portugais » ou « espagnols », réside dans le sud-ouest et à Avignon. Les Juifs « allemands » de langue yiddish, ashkénazes, vivent en Alsace et en Lorraine, où ils sont très mal acceptés. Une petite communauté existe aussi à Paris, où elle vit dans la semi-clandestinité. Seuls les Juifs du sud-ouest et avignonnais disposent, depuis 1787, de l'égalité civile.

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Lorsqu'éclate la Révolution, l'émancipation de tous les Juifs va devenir le cheval de bataille de plusieurs députés. Le sujet est d'autant plus brûlant qu'à l'été 1789, en Alsace, lors de la Grande Peur, des paysans se sont soulevés aussi contre les maisons juives.

 

Parmi ceux qui posent la « question juive » avec le plus de force, l'abbé Grégoire, par ailleurs militant anti-esclavagiste, est l'auteur en janvier 1789 d'un Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs. Il prend la parole à l'Assemblée au mois d'août 1789, suivi, le 14 octobre, par Berr Isaac Berr, porte-parole des Juifs d'Alsace et de Lorraine, qui se fait l'écho des violences commises en Alsace.

« On se rappelle que M. l’abbé Grégoire avoit [sic] instamment demandé à l’Assemblée un jour fixe, pour prendre en considération l’état des Juifs en France. Les travaux immenses dont elle est surchargée l’ont empêché de s’occuper de cet objet jusqu’à ce jour ; mais elle avoit dernièrement supplié le Roi de veiller sur la tranquillité et la sûreté des Juifs, compromise dans quelques parties du Royaume.

 

Aujourd’hui une députation de ces hommes, qui sont nos frères en Moïse s’ils ne le sont pas en Jésus-Christ, a été admise à la barre, et il lui a été permis d’assister à la séance. Les Députés du peuple Juif ont été entendus avec cet intérêt qu’inspirent toujours le cri de l’humanité outragée et les gémissements de l’op...

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