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Les flibustiers à l’assaut des trésors des Caraïbes

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le par - modifié le 28/05/2018
Couverture de « Histoire illustrée des pirates, corsaires, flibustiers, boucaniers, forbans, négriers et écumeurs de mer dans tous les temps et dans tous les pays » - source : BnF-Gallica

Au XVIIe siècle, les escrocs des mers écument les côtes des petites Antilles à la recherche de métaux précieux. Extrait d' « Une histoire des chasseurs de trésors », de Jean-Pierre Moreau.

Jean-Pierre Moreau est historien et docteur en archéologie. Il vient de publier aux éditions du Trésor Une histoire des chasseurs de trésors, somme de nombreuses années de recherche sur le thème de la piraterie. Il est l’auteur d’Une histoire des pirates et de Pirates : Flibustes et piraterie dans la Caraïbe et les mers du sud, ouvrages de référence sur le sujet.

Nous publions sur RetroNews un chapitre entier extrait de son nouveau livre, agrémenté de trois récits d’illustres flibustes datés du XVIIe siècle tirés de nos archives.

Installés dans les Petites Antilles, sur la partie nord et ouest de Saint-Domingue à partir des années 1620, et en Jamaïque depuis 1654, utilisant les mêmes routes de navigation, les Anglais et les Français sont souvent rapidement informés lors d’un naufrage et ont tôt fait de se transformer eux-mêmes en chasseurs de trésors.

Le 12 décembre 1628, un navire espagnol allant de Porto Rico en Espagne se perd sur un banc à proximité d’Anguilla. Des Français de Saint-Christophe enlèvent tout ce qu’ils peuvent de l’épave.

En 1636, Juan de Eulate, gouverneur de Margarita, récupère de justesse les 18 pièces d’artillerie d’un bâtiment d’une escadre espagnole qui avait naufragé dans la zone. Ce sont les Français qui avaient découvert l’épave. Mais il met à profit le temps qui leur est nécessaire pour chercher du matériel sur Saint-Christophe afin d’opérer lui-même.

Parmi les Nord-Européens (Anglais, Français, Hollandais), les flibustiers sont les plus dangereux. Munis de commissions de leurs gouverneurs respectifs, habitués à vivre aux dépens des Espagnols en attaquant leurs villes et leurs navires, ils ont tôt fait de tenter de profiter de ces nouvelles opportunités. Comme on l’a vu plus haut, en août 1603 la nef capitane du marquis de Montesclaros naufrage sur la Guadeloupe, mais comme une expédition espagnole de récupération tarde à se mettre en place, au cours de l’année 1605 des flibustiers anglais ont déjà récupéré l’artillerie en bronze. Ils n’hésitent pas à attaquer en nombre le chantier de récupération, pour emporter tout ce qui a déjà été extrait de l’eau.

Extrait de la Gazette, 24 août 1697.

 

Núñez Melián, qui travaille sur les restes de l’Atocha, se plaint d’avoir dû payer une rançon aux Indiens habitant les cayes de Floride pour qu’ils libèrent l’équipage d’un petit bâtiment dirigé par Bernave de Salvatierra, envoyé par le gouverneur de Cuba pour l’assister et qui avait été fait prisonnier par des Hollandais, puis abandonné sur le rivage. En 1629, il signale la présence de quelque 25 navires autour de son chantier, attendant son départ pour fouiller à sa place ou une faille dans le système de protection pour s’emparer de ce qui a déjà été récupéré.

Cinquante ans plus tard la situation n’a guère changé. Les capitaines français Lot et Bréha tentent d...

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Cet article fait partie de l’époque : Grand siècle (1631-1715)

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