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Écho de presse

Dans les champs de coton du Sud américain

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le par - modifié le 30/08/2018
Afro-Américains jouant aux dés au bord d'un champ de coton, autour de 1900 – source : Library of Congress

Travail harassant, misère, racisme... Quand la presse française du XIXe et du début du XXe siècle décrit (et approuve) la terrible condition des Noirs dans les plantations américaines.

L'article date de 1837, onze ans avant l'abolition définitive de l'esclavage dans les colonies françaises. Écrit depuis la Louisiane par un Français qui y séjourne, il paraît dans La Presse et s'intéresse à ceux qu'on désigne sous le nom de « population de couleur ». La traite atlantique des esclaves a beau avoir été abolie en 1808, on compte encore quelque 4 millions d'esclaves dans le Sud au moment où le journaliste rédige le texte.

 

« La race nègre [...] n'a fait que croître, et suffit à tous les besoins du pays. C'est par elle que se fait la culture des terres, et particulièrement celle du coton et de la canne à sucre, qui périraient sur le sol brûlant sans ces hommes de bronze, et sans l'esclavage, qui seul peut les conduire à la lutte journalière qu'ils soutiennent contre un soleil ardent.

 

À la Nouvelle Orléans, les nègres sont encore employés aux soins de la domesticité et à toutes sortes d'états mécaniques. Ils sont le bien, la chose de leur maître, qui les possède au même titre que son chien ou son cheval, les loue, les prête, les achète et les vend de même. »

 

En 1840, La Nouvelle-Orléans est le plus grand marché d'esclaves de tout le pays. Dans le Sud, l'esclavage est alors un rouage économique essentiel pour les propriétaires de plantations, où les Noirs récoltent le coton et la canne à sucre.

À l'époque, le commerce du coton est florissant. Il ne s'agit pas encore du produit le plus lucratif de la planète, mais la demande mondiale ne cesse d'augmenter. Il faut produire. Les esclaves travaillent donc entre 12 et 15 heures par jour, se tuant littéralement à la tâche pour recueillir la précieuse fibre végétale.

Le rédacteur continue :

 

« Un nègre, ou une négresse, se vend depuis 600 piastres jusqu'à 1 000 (3 à 5 mille fr.), suivant son âge, sa force, ses talents, son caractère […].

 

Aucun nègre ne doit être rencontré dans les rues, à la Nouvelle-Orléans, après neuf heures en été et huit heures en hiver. Un coup de canon leur intime, de sa rude voix, cet ordre absolu, et ceux que la police rencontre, après l'heure fatale, sont arrêtés et conduits à la geôle. Il leur est également défendu de boire dans les cabarets avec des blancs ; dans les rues, ils quittent le trottoir toutes les fois qu'un blanc s'y trouve, et descendent sur la chaussée [...].

 

Le nègre n'a point de famille, dans le sens civil de ce mot. Il n'a qu'une famille naturelle, dont aucun acte ne constate et ne règle la f...

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Cet article fait partie de l’époque : Monarchie de Juillet (1830-1848)