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La disparition progressive des montreurs d'ours

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le par - modifié le 25/05/2018
Ours savant faisant du vélo, agence Rol, 1925 - source : Gallica-BnF

Le métier ancestral de montreur d'ours a subsisté jusqu'au début du XXe siècle. Il fut au XIXe une spécialité pyrénéenne : les orsalhèrs ariégeois étaient réputés jusqu'en Amérique pour leurs tours.

Survivance du Moyen Âge, originellement pratiqué par les Tziganes, le métier de montreur d'ours a prospéré jusqu'à la fin du XIXe siècle. Il n'était pas rare, alors, de rencontrer sur les places publiques ces amuseurs itinérants. Le plus souvent, ces derniers avaient recueilli leur animal alors que celui-ci était ourson, avant de le dresser en vue de lui apprendre des tours.

 

Les ours apprivoisés, emmenés de ville en ville par leurs propriétaires, étaient capables de marcher, de danser, d'adopter des postures presque humaines, de jongler... et parfois même de faire du vélo.

 

Mais les malheureux animaux étaient parfois aussi utilisés lors de combats avec d'autres bêtes : l'écrivain et poète Théophile Gautier raconte ainsi dans un article de 1838 comment il a assisté, à Paris, à une violente lutte entre un ours domestiqué et des chiens, encouragés par un public surexcité.

 

« Après le loup, on fit paraître un ours […]. L'ours, réjoui de se trouver en liberté, et excité par les fanfares du cor, se mit à danser assez en cadence, ma foi !

 

Et pour compléter la bouffonnerie, tous les autres ours en cage, imitant leur confrère, se mirent à trépigner lourdement et à faire des cabrioles dans leurs bouges ; ce ballet d'ours était fort récréatif ; mais la joie de M. l'ours fut de courte durée, car on lui mit aux trousses une demi-douzaine de dogues qui le firent détaler au grand galop et quitter sa position de bipède pour celle de quadrumane [...].

 

Le profil de l'ours acculé surpasse en laideur les faces les plus monstrueuses. Cela tient du cochon et du brochet [...]. Cette tête mince, osseuse, effilée, sortant de cet énorme paquet de poil, produit l'effet le plus étrange ; on dirait une levrette...

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