Les instituteurs, missionnaires laïques de la Troisième République | Retronews - Le site de presse de la BnF
Écho de presse

Les instituteurs, missionnaires laïques de la Troisième République

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le par - modifié le 02/01/2019
Une du Petit Journal, supplément du dimanche, 5 décembre 1897 - source RetroNews BnF

À la fin du XIXe siècle et après le vote des lois Ferry, la presse républicaine exprima souvent son soutien aux instituteurs et aux institutrices, « apôtres » de la République laïque aux conditions de vie parfois difficiles.

À quoi ressemblait la vie quotidienne d'un instituteur ou d'une institutrice à la fin du XIXe siècle ? Alors que les lois scolaires de Jules Ferry, votées de 1879 à 1882, ont considérablement modifié l'école française, désormais laïcisée, la presse va souvent s'intéresser à la question. Les journaux républicains vont ainsi apporter un vif soutien aux instituteurs lorsque leur position se trouve fragilisée.

 

Car l'enjeu est alors éminemment politique. Dans ces années-là, la figure de l'instituteur formé dans les écoles normales devient en France emblématique d'une lutte, celle de la République, encore mal consolidée, contre les forces considérées comme réactionnaires, en premier lieu l’Église catholique.

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Dans la perspective qui est celle de Jules Ferry et de son bord politique, les instituteurs et les institutrices apparaissent donc comme des « missionnaires » porteurs des valeurs de la IIIe République laïque dans les régions de France.

 

Pour la presse républicaine de la fin du XIXe siècle, le métier d'instituteur s'apparente à un sacerdoce, en particulier dans les campagnes. En cause notamment, la faiblesse des salaires et le manque de perspective d'évolution de carrière. Le Petit Journal écrit ainsi dès 1873 :

« Tout autre est le sort d'un trop grand nombre de maîtres d'école de la campagne. Ces hommes, simples et laborieux, qui se vouent à la mission si pénible d'instruire la jeunesse, n'ont pour la plupart du temps qu'un traitement insuffisant. Leur modeste carrière est une des plus honorables certainement : en instruisant la jeunesse, en lui inculquant dès les premières années les notions du bien, du juste et du beau, ils remplissent une véritable mission.

 

Tous ceux qui embrassent cette profession ingrate y sont poussés par une véritable vocation. Ils le savent bien dès le début ; aucun avenir brillant ne vient les leurrer de ses promesses décevantes ; pour eux, il y a peu ou point d'avancement à espérer, et ils resteront...

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