Les guerres de Vendée et les journaux : de la naissance au souvenir, deux siècles de passions | Retronews - Le site de presse de la BnF
Cycle

Les guerres de Vendée et les journaux : de la naissance au souvenir, deux siècles de passions

le par
le par - modifié le 01/01/1970

Une question traverse de façon récurrente l’historiographie de la Révolution française : quand et comment naît la guerre de Vendée ?

Est-ce la première semaine de mars 1793, quand des émeutes contre la levée des 300 000 hommes secouent les Mauges et  le sud de Nantes ? Faut-il remonter en 1792, quand les paysans des Deux-Sèvres se soulevèrent à côté de Bressuire ou en 1791 quand des défenseurs de l’Église romaine furent tués dans le Marais ?

La bataille qui eut lieu, le 19 mars 1793, dans le département de la Vendée, près de Saint-Fulgent, au pont de Gravereau, doit être cependant considérée comme le début effectif de ce qui s’est appelé ensuite guerre de Vendée.

En lui-même l’événement est médiocre : une colonne, mal commandée, partie de La Rochelle, se débande devant une bande de révoltés. Mais la fuite des soldats et des volontaires provoque la panique dans toute la région et les députés de la Convention présents sur place y voient l’œuvre des Girondins et des traîtres. Ils changent la signification de ce petit affrontement et alimentent les luttes partisanes à la Convention.

Alors que tous les départements de l’Ouest ont été concernés par des insurrections, comme en témoigne le Courrier des Nantais, les « rebelles de la Vendée » vont devenir le seul exemple de la menace contre-révolutionnaire, faisant suspecter les républicains du département, comme le regrettent amèrement les patriotes des Sables, qui se seront distingués par leur résistance !

« La Vendée » s’impose ainsi, dans son imprécision même, justifiant les attaques des Montagnards contre les Girondins à Paris, comme la mobilisation exceptionnelle lancée dans tout le pays, ce qui conduira à la constitution d’armées hétéroclites et peu disciplinées.

Les « Vendéens » y gagneront leurs premiers succès avant que ne s’ancre dans les esprits l’idée que la Vendée est inexplicable.

––Jean-Clément Martin

Sur le même sujet

Sur le même sujet