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Sur les traces de Surcouf, capitaine corsaire

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le par - modifié le 04/07/2018
Fastes de la nation française et des puissances alliées, Ternisien d'Haudricourt ; 1812 - source Gallica BnF

Toute sa vie, Surcouf (1773-1827) combattit les Anglais sur les mers d'Inde et d'Europe. La spectaculaire prise du "Triton", en 1796, le rendit célèbre.

Né en 1773 à Saint-Malo, Robert Charles Surcouf, qui commença sa carrière de marin à l'âge de 13 ans, n'a que 20 ans lorsqu'il devient capitaine corsaire au service de la France. Trois ans plus tard, une victoire spectaculaire dans l'océan Indien va le rendre célèbre.

 

La Clef du cabinet des souverains en rend compte le 25 mai 1797, dans un long article intitulé "Acte de bravoure extraordinaire" :

 

Écouter la lecture d'un extrait de l'article, en partenariat avec La Fabrique de L'Histoire, sur France Culture

 

"Les papiers anglais ont rendu une justice éclatante à l'intrépidité peu commune du capitaine Surcouf, de St-Malo, commandant le navire l’Émilie. Aucun journal en France, que je sache, n'a rendu compte d'un acte de bravoure qui n'a d'exemple que dans l'histoire invraisemblable, mais très-vraie, des flibustiers."

À l'époque (janvier 1796), Surcouf commande en réalité le Cartier, plus performant que l’Émilie sur lequel il a longtemps navigué. Après avoir pris un brick américain, le Diana, sur la côte de l'Inde, il est en train de revenir à l'Isle-de-France (actuelle île Maurice). Lorsque soudain...

 

"A peine le jour commençait à paraître, qu'un gros vaisseau à trois mâts, se présenta de loin : bientôt il hissa pavillon anglais. La fuite était impossible : il fallait vaincre ou mourir. Surcouf fit mettre en travers, pour atteindre la Diana, qui pouvait lui donner quelques renforts ; son équipage alors fut composé de dix-neuf hommes et de deux pièces de canon. Le vaisseau qu'on allait combattre, était le Triton, de la compagnie des Indes, armé de 26 canons de douze et de cent cinquante hommes d'équipage ; tous européens, et munis de fusils, de haches et de pistolets."

Les forces ennemies sont bien supérieures : 19 Français contre 150 Anglais armés jusqu'aux dents... Il faut agir vite. Surcouf imagine alors une ruse pour surprendre l'équipage du Triton : se faire passer pour un bâtiment anglais.

 

"Le schouner [=goélette] qu'il montait, avait pavillon anglais ; il fit cacher son monde dans l'entrepont, restant seul en évidence avec deux officiers, afin d'inspirer plus de sécurité aux Anglais. À la portée du pistolet, le pavillon aux trois couleurs est arboré ; en même temps les deux pièces de canon, les seules qu'eût le schouner, sont tirées. Une hostilité aussi peu attendue, surprit les Anglais qui, dans le premier mouvement, se précipitèrent sur leur batterie ; mais le signal de l'abordage était donné, et quoiqu'il n'y eût pas de grappin dans le schouner, il s'exécuta aussi vite que la pensée."

L'abordage lancé, les officiers anglais sont rapidement tués, ce qui désorganise l'équipage.

 

"Je ne décrirais pas en termes de marine, cet étrange combat ; l'audace de l'attaque, la sagesse et l'impétuosité des manœuvres nécessaires pour assurer la victoire ; il suffit que l'on sache qu'après une heure environ, les Anglais déclarèrent se rendre ; on leur avait tué dix hommes, au nombre desquels était le capitaine, cinq autres avaient été dangereusement blessés."

Surcouf, à 23 ans, revient à la tête de trois navires, le Cartier, le Diana et le Triton. Sa légende est en marche, suscitant même l'admiration des Anglais : comme l'écrit Le Républicain français le 24 juin 1797, "le nom de Surcouf devint aussi recommandable à nos ennemis qu'il leur fut redoutable".

 

Nommé membre de la Légion d'honneur en 1804, Surcouf, fort de dizaines de prises militaires (dont celle mythique du Kent en octobre 1800) deviendra plus tard l'un des plus riches et puissants armateurs de Saint-Malo. Il meurt le 17 août 1827.

 

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