Le « Guide de l'étranger dans Paris », 1868 | Retronews - Le site de presse de la BnF
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Le « Guide de l'étranger dans Paris », 1868

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le - modifié le 13/07/2018

En 1868, l’hebdomadaire humoristique Le Journal amusant se propose de divertir son lectorat – exclusivement français – en improvisant un « guide de l’étranger à Paris » destiné à quelque touriste échoué dans notre glorieuse capitale.

  • En 1868, l’hebdomadaire humoristique Le Journal amusant se propose de divertir son lectorat – exclusivement français – en improvisant un « guide de l’étranger à Paris » destiné à quelque touriste échoué dans notre glorieuse capitale – mais surtout, à des provinciaux avides de clichés à propos de ses habitants.

    Dans celui-ci, le rédacteur nous propose de s’immiscer dans la tête et dans les vies des hommes et femmes du Second empire qui peuplent la Ville-lumière, toute juste transfigurée par les récents travaux d’Haussmann. S’ensuit un certain nombre de traits de caractère prétendument typiques – et volontairement caricaturaux – du Parisien, et qui correspondent, peu ou prou, à la vision contemporaine que l’on se fait de celui-ci : rarement poli, souvent désagréable, vil, snob, individualiste, et dans le même temps, absolument attachant.

    Cette somme de conseils pratiques est agrémentée d’illustrations permettant aux lecteurs de se faire une idée plus précise de ce qu’est la vie à Paris, alors faubourg de l’Europe. Ce sont celles-ci, dont l’auteur n’est pas indiqué, que nous vous proposons dans ce diaporama.

  • « Ce qu'on pêche le plus dans la Seine, ce sont des noyés, des chats morts et des ordures. Le poisson, plus difficile que l'homme, ne trouve pas l'eau de Paris assez bonne. »

  • « Paris est borné au nord par le Petit Journal, au sud par l'Académie française, à l'est par la prison Mazas, et à l'ouest par le bal Mabille. »

  • « Le voyageur qui a un billet de troisième classe doit s'abstenir de monter dans les premières, à moins cependant qu'il ne puisse le faire sans être vu – auquel cas, il aurait grand tort d'hésiter. »

  • « Au-dessous de trois ans, les enfants ne payent rien, à condition d'être portés sur les genoux; mais ce serait un mauvais calcul de la part d'une dame de se mettre sur les genoux d'un monsieur, à moins que ce ne soit dans l'espoir de décider le monsieur à payer pour elle. »

  • « On connaît toujours quelques personnes à Paris. Dès votre arrivée, tombez chez elles à l'improviste avec vos bagages ; elles n'oseront pas vous renvoyer a l'hôtel, et vous économiserez ainsi des frais de nourriture et de logement. »

  • « Méfiez-vous des femmes qui vous diront que vous êtes beau et spirituel ; elles veulent vous emprunter de l'argent. »

  • « La Parisienne est venue au monde n'importe où. Elle est indifféremment ouvrière, demoiselle de magasin, élève du Conservatoire ou grande dame.

    Elle a quelquefois un mari, et souvent des amants. Elle affectionne les robes à queue, les corsages décolletés, les bonbons, les chats, la salade, les oiseaux et les pommes vertes.

    On arrive à son cœur en lui débtlant des compliments ou des impertinences. »

  • « Le marchand de coco est un industriel qui passe son été à se promener par la ville avec une fontaine sur le dos, un tabouret entre les jambes et une sonnette à la main. Sa spécialité est de rafraîchir – à deux liards le verre – les collégiens, les apprentis, les militaires et les bonnes d'enfants. »

  • « Les fiacres, qui se prennent à l'heure, à la course et en grippe.

    Les voitures dites “paniers à salade”, qu on ne peut employer qu'en se faisant fourrer au poste et conduire de là à la préfecture de police.

    Puis les bateaux à vapeur, les ballons, les cabs, les vélocipèdes, et enfin le corbillard, qui offre celte particularité singulière qu'on ne peut le prendre qu'une fois dans sa vie – et encore est-ce après sa mort. Souhaitons-nous mutuellement d'en avoir besoin le plus tard possible. »

Cet article fait partie de l’époque : Second Empire (1852-1870)

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