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C'était à la Une ! La bataille d'Austerlitz en décembre 1805

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le par - modifié le 10/09/2018
Bataille d'Austerlitz, estampe, 1805 - source : Gallica-BnF

L'article du jour évoque le 11 frimaire et la victoire de Napoléon Ier sur l'armée austro-russe. Il s'agit de la bataille d'Austerlitz, appelée aussi la journée des Trois-empereurs qui se déroula le 2 décembre 1805.

En partenariat avec "La Fabrique de l'Histoire" sur France Culture

Cette semaine :  la victoire de Napoléon dans le Journal de l'Empire, 17 décembre 1805

 

Texte lu par : Hélène Lausseur

Réalisation : Séverine cassar 

« Le 11 frimaire, le jour parut enfin. Le soleil se leva radieux ; et cet anniversaire du couronnement de l’Empereur ou allait se passer un des plus beaux faits d’armes du siècle, fut une des plus belles journées de l’automne. Cette bataille que les soldats s’obstinent à appeler la journée des Trois-Empereurs, que d’autres appellent la journée de l’Anniversaire, et que l’Empereur a nommée la bataille d’Austerlitz, sera à jamais mémorable dans les fastes de la Grande Nation. L’Empereur, entouré de tous les maréchaux, attendait, pour donner ses derniers ordres, que l’horizon fut bien éclairci. Aux premiers rayons du soleil, les ordres furent donnés, et chaque maréchal rejoignit son corps au grand galop.  L’empereur dit en passant sur le front de bandière de plusieurs régimens (sic) : « Soldats, il faut finir cette campagne par un coup de tonnerre qui confonde l’orgueil de nos ennemis » ;  et aussitôt les chapeaux au bout des bayonnettes (sic) , et des cris de Vive l’Empereur ! furent le véritable signal du combat. […]

L’armée française, quoique nombreuse et belle, était moins nombreuse que l’armée ennemie, qui était forte de 105 mille hommes, dont 80 mille Russes et 25 mille Autrichiens. La moitié de cette armée est détruite ; le reste a été mis en déroute complète, et la plus grande partie a jeté ses armes.

Cette journée coûtera des larmes de sang à Saint-Pétersbourg. Puisse-t-elle y faire rejeter avec indignation l’or de l’Angleterre ; et puisse ce jeune prince, que tant de vertus  appelaient à être le père de ses sujets, s’arracher à l’influence de ces trente freluquets […] et dont les impertinences obscurcissent ses intentions, lui font perdre l’amour de ses soldats, et le jettent dans les opérations les plus erronées !  La nature, en le douant (sic) de ces grandes qualités, l’avait appelé à être le consolateur de l’Europe. Des conseils perfides, en le rendant l’auxiliaire de l’Angleterre, le placeront, dans l’histoire, au rang des hommes qui, en perpétuant la guerre sur le continent, auront consolidé la tyrannie britannique sur les mers, et fait le malheur de notre génération. Si la France ne peut arriver à la paix qu’aux conditions que l’aide-de-camp Dolgorouki a proposées à l’Empereur, et que M. de Novozilzof avait été chargé de porter, la Russie ne les obtiendrait pas, quand même son armée serait campée sur les hauteurs de Montmartre. Dans une relation plus détaillée de cette bataille, l’état-major fera connaître ce que chaque corps, chaque officier, chaque général ont fait pour illustrer le nom français et donner un témoignage de leur amour à leur Empereur.

Le 12, à la pointe du jour, le prince Jean de Lichtenstein, commandant l’armée autrichienne, est venu trouver l’Empereur à son quartier-général, établi dans une grange. Il en a eu une longue audience. Cependant nous poursuivons nos succès. L’ennemi s’est retiré sur le chemin d’Austerlitz à Godding. Dans cette retraite il prête le flanc ; l’armée française est déjà sur ses derrières et le suit l’épée dans les reins. Jamais champ de bataille ne fut plus horrible. Du milieu de lacs immenses on entend encore les cris de milliers d’homme qu’on ne peut secourir. Il faudra trois jours pour que tous les blessés ennemis soient évacués. […] Le cœur saigne. Puisse tant de sang versé, puisse tant de malheur retomber enfin sur les perfides insulaires qui en sont la cause ! puissent les lâches oligarques de Londres porter la peine de tant de maux ! »

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