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Au bagne par Albert Londres en 1923

le par - modifié le 16/05/2018

Une loi de 1854 marque la création des bagnes hors du territoire métropolitain. La Guyane, qui après l'abolition de l'esclavage en 1848, manquait de main-d'œuvre, devient ainsi terre de bagne. Il aura vu passer plus de 75 000 détenus, avec des taux de mortalité parfois supérieurs à 20 %.

Une enquête sur le terrain

Le Petit Parisien  publie le 8 août 1923 le premier volet du reportage d’Albert Londres intitulé « En voguant vers la Guyane », « une enquête passionnante, accomplie patiemment et consciencieusement dans le monde des "bagnards" ». Le journaliste s’engage à dire « avec une égale liberté, ce qu’il a vu, entendu et pensé ».

Chaque jour ou presque pendant un mois, Londres raconte ainsi ses rencontres, ses séjours dans l’île Royale, une des îles du Salut jusqu’à Saint-Laurent-du-Maroni, « la capitale du crime » d'après Le Petit Parisien. Il fait découvrir au grand public les pratiques du système judiciaire, par exemple la loi du doublage : chaque détenu au terme de sa peine, a l’obligation de résider dans la colonie pendant un temps égal à la durée de celle-ci.

Ile Royale, une des îles du Salut, Guyane française ; carte ; 1882 - source : Gallica-BnF

« Le jury, ignorant, condamne un homme à deux peines. Le but de la loi était noble : amendement et colonisation, le résultat est pitoyable. Et ici, voici la formule : le bagne commence à la libération. ». Le Petit Parisien du 7 septembre 1923 annonce que l’enquête est désormais terminée. Il rappelle qu’il ne s’agissait pas de créer un apitoiement pour des hommes « que, légitimement la société a éloignés d’elle parce qu’ils constituaient pour elle un danger. ». Et à cette occasion, le journal donne la parole à maître de Moro-Giaffer...

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