La présentation de la scène des massacres de Scio en 1824 | Retronews - Le site de presse de la BnF
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La présentation de la scène des massacres de Scio en 1824

le par - modifié le 24/07/2018

Le salon officiel de 1824 voit l’émergence de la querelle entre deux mouvements artistiques : les anciens (les classiques) et les modernes (les romantiques). Les scènes des massacres de Scio d’Eugène Delacroix fait scandale : cette œuvre devient l’emblème fondateur du mouvement romantique. Cette œuvre illustre la guerre récente entre les Grecs et les Turcs.

Le Scandale des Scènes de massacres de Scio : l’œuvre de Delacroix vue par les critiques d’art

Delacroix choisit une thématique d’actualité qui s’accorde avec ses idées libérales, la guerre d’indépendance des Grecs dominés par les Ottomans, s’écartant des grandes fresques antiques privilégiées par les peintres dit « classiques ». La présentation de l’œuvre au Salon de 1824 suscite de vives réactions du public et des critiques car son œuvre est en rupture complète avec le néoclassicisme dominant : Delacroix brise les règles classiques de la peinture.

Le critique d’art Delécluze note dans le Journal des débats 

« Lorsque mes regards se sont dirigés sur cette Scène du Massacre des habitants de Chio, peinte par M. Delacroix, livré à mes propres impressions, j’ai frémi, et je me suis demandé si, dans l’exercice d’un art qui en dernière analyse est fait pour plaire, le bon goût (...) permettait qu’on exprimât des sentiments, des formes qui déplaisent, repoussent, font horreur » 

Stendhal, pourtant militant du romantisme littéraire, déclare dans Le Journal de Paris du 9 octobre 1824 : « J’ai beau faire, je ne puis admirer M. Delacroix et son Massacre de Scio » lui reprochant « une exagération du triste et du sombre » en montrant « des cadavres livides et à moitié terminés ». Le Siècle ajoute : « Il y eut des critiques qui, en manière de reproche, comparèrent le Massacre de Scio à un cinquième acte de Shakespeare, et qui inventèrent une formule, le culte du laid (...). Ils accusèrent la dépravation du goût dans ce mélange de grotesque et de sublime » . Toutefois, la critique la plus virulente vient d’Antoine-Jean Gros de La Presse qui vit dans l’œuvre « un massacre de la peinture ».

Delacroix et les romantiques sont soutenus par Le Globe et par Le Constitutionnel. Adolphe Thiers commente le Salon pour ce dernier. Il avait fait un éloge du tableau que Delacroix avait exposé au Salon de 1822, Dante et Virgile aux enfers prévoyant « l’avenir brillant du peintre ». Il se montre...

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Cet article fait partie de l’époque : Restauration (1814-1830)