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Écho de presse

Une « poignée d’énergumènes » : la ligue spartakiste pour la presse française

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le par - modifié le 30/01/2019
Le révolutionnaire et membre de la ligue spartakiste Karl Liebknecht donne un discours au Tiergarten à Berlin, décembre 1918 - source : Bundesarchiv-WikiCommons
Le révolutionnaire et membre de la ligue spartakiste Karl Liebknecht donne un discours au Tiergarten à Berlin, décembre 1918 - source : Bundesarchiv-WikiCommons

Lorsque débute la révolution allemande, les journaux nationaux se penchent sur la Spartakusbund, organisation fer de lance des événements. Entre incompréhension et mépris se dessine une certaine vision du socialisme dans son ensemble.

La Spartakusbund, qui s’est formée en Allemagne pendant la Grande Guerre au début de l’année 1915, est une organisation socialiste révolutionnaire que la presse française a d’abord du mal à cerner. La ligue spartakiste a certes choisi son nom en référence à Spartacus, premier esclave à mener une rébellion contre l’empire de Rome, mais il semble malaisé de choisir une traduction appropriée.

C’est pourquoi le quotidien de centre-droit Le Figaro tranche pour ses lecteurs :

« Doit-on dire spartakiste ou spartaciens ? C'est ad libitum.

“Spartaciens” est évidemment plus agréable à l'oreille. Mais si l'on craint de déplaire aux habitants d'Epernay qui sont des “Sparnaciens”, il vaut mieux dire “spartakiste”. »

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Spartakistes donc, mais surtout extrêmement déroutants pour La Croix, qui y voit des « énergumènes » tentant, tandis que le parti social-démocrate allemand (SPD) vient de proclamer la république au mois de novembre 1918, d’imposer une révolution communiste dont personne ne voudrait.

« L’agitation contre l’hégémonie prussienne à l’intérieur et contre la prépondérance de Berlin s’étend de plus en plus. Les vieilles rancunes à ce sujet s’accroissent de la peur de voir les énergumènes spartakistes imposer, par l'émeute et l’intimidation, un régime qui répugne à l’immense majorité de la population. »

Dans la continuité du quotidien catholique, Le Figaro compte les troupes et estime, au moment où des manifestations de rues se multiplient à Berlin et quelques jours avant le début de ce que l’on nommera la « révolte spartakiste » de janvier 1919, que cette ligue fait « beaucoup de bruit » pour rien.

« Dans une interview avec le correspondant du journal danois Berlinzske Tidende, le mandataire du peuple Scheidemann a déclaré entre autres ...

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Cet article fait partie de l’époque : Entre-deux-guerres (1918-1939)